En direct de la CGSS et la CAF la Réunion

Publié le par FO CAF13

 Deux semaines de grève, les directions respectives des caisses d’assurance estiment avoir fait le maximum en matière de négociations et appellent à la reprise du travail. Le personnel contestataire ne l’entend pas de cette oreille. Dans une motion adressée à la préfecture jeudi matin, les grévistes dressent un état des lieux alarmant.

Les négociations rompues, pour la deuxième fois mardi soir, ont été relancées jeudi après-midi à l’initiative des directeurs, mais tout reste à faire. Et chaque jour qui passe pèse lourdement et coûte cher. “Ainsi nous serions de nombreuses personnes inutiles à nos postes au sein des trois caisses ?” interroge un petit groupe de manifestants jeudi matin sur la route de la préfecture. “Nous allons prouver le contraire aux autorités. Nos directions ont annoncé que les services rendus par la CAF et la CGSS seraient maintenus durant les jours de grève. Or, il faut savoir qu’il y a de graves conséquences. Bien plus lourdes que celles évoquées à mi-mot,” appuient nos interlocuteurs. “Ils ne pourront pas cacher la vérité plus longtemps.” Assurance maladie, assurance retraite, recouvrement des cotisations, CAF et service médical : rien ne va plus, à les en croire. Et pour étayer leur thèse, ils donnent quelques exemples. D’abord l’accueil : “Il faut compter 2 000 assurés non reçus chaque jour au sein de nos 5 centres CGSS. Soit un potentiel de 20 000 en 10 jours.” A cela il faut ajouter 1000 appels téléphoniques journaliers. Conséquences : “Les assurés ne sont plus couverts, donc il n’y a plus de remboursement et dans le même temps les attestations de droits ne sont plus délivrées. Le revenu de remplacement ? “Les nouveaux arrêts de travail, les prolongations d’arrêt de travail, les attestations des employeurs ne sont plus enregistrés.” Résultat : pas de revenu de remplacement pour les assurés, ni d’indemnités journalières pour les employeurs. Pas moins de 5000 personnes sont concernées. Aucune mise à jour n’est possible selon les grévistes. “Il n’y a plus aucune création ni aucune mutation de dosssier. Plus de prise en charge en hospitalisation, autrement dit, pas de droit pour les assurés. Aucune prise en charge ne peut se faire intégralement en maternité et cela est également valable pour les affectations de longue durée”. “ Dans le cas des accidents du travail et maladies professionnelles, les dossiers enregistrés passent en accord implicite, sans contrôle aucun, 30 jours après la réception. On peut déclarer ce qu’on veut, ça passera comme une lettre à la poste,” regrette un opérateur.

Inquiétude grandissante des professionnels de santé

Les agents ont également relevé 20 000 demandes de CMU en instance, soit 60 000 bénéficiaires non couverts. “Il peut y avoir un accord implicite pour les refus de CMUC lorsque le délai réglementaire de deux mois est révolu. Mais on encourt le risque de provoquer une augmentation du nombre de bénéficiaires CMUC cette année. Il faut savoir qu’ils sont déjà 268 000 à ce jour “. Aucun transfert sanitaire en dehors de l’île ne peut être accepté, sauf si la prise en charge est assumée par le SAMU. La réciproque est tout aussi valable, puisqu’aucun retour depuis la métropole n’est envisageable. Il n’y a plus de tiers payant pour les billets d’avion. La situation est tout aussi alarmante pour les relations avec les professionnels de santé, le recouvrement des cotisations, la retraite du régime général et du régime agricole. D’ailleurs au sein de certains syndicats de médecins généralistes et de chirurgiens, l’inquiétude va grandissante. Rien que pour cette corporation, on estime à 6 000 les déclarations non traitées. Il y aurait 200 millions d’euros de cotisations en attente de remontée vers la caisse nationale, 25 000 attestations fiscales non adressées aux employeurs et tout autant de bulletins de paie non délivrés aux salariés. Quant aux chômeurs créateurs d’entreprise, ils seraient 350 à ne pas bénéficier d’aide financière des ASSEDIC. Quid du côté de la CAF ? “Lorsque la direction se targue d’assurer le versement des prestations, on s’interroge. Comment garantir un paiement juste et dans les délais alors que toutes les pièces réceptionnées depuis le 10 mars sont en souffrance ?” Avant le coup d’envoi de la grève, le retard était de 60 000 pièces déjà, selon les chiffres rendus publics. “Nous recevons, en moyenne, 10 000 pièces nouvelles chaque jour. Autrement dit, nous en sommes aujourd’hui à 150 000 documents. Chaque jour 10 000 d’entre eux sont traités. faites les comptes.” Le système est au bord de l’asphyxie et la semaine qui arrive pourrait être celle de tous les dangers

 

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Publié dans National

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