Quand vous ne voulez pas qu'une porte s'ouvre, il ne faut pas l'entrouvrir

Publié le par FOCAF13

POUR L’ACTION : DÉCISIONS ANNONCÉES LUNDI
Quelle suite donner à la mobilisation du 22 mai sur les retraites?

C’est la seule question à laquelle devaient normalement répondre jeudi soir les confédérations, selon l’ordre du jour d’une intersyndicale qui avait été fixée en début de semaine par FO, CFDT, CFTC, CGC et la CGT.

 Sauf que la CGT et la CFDT en ont décidé autrement, mettant en avant leur combat pour protéger leurs signatures avec le patronat de la «position commune» relative à la représentativité syndicale – voir notre article du 11 avril 2008 – sur laquelle le gouvernement s’est appuyé pour mettre à mal les 35 heures. Quitte à reléguer au second plan la défense des retraites. Ces deux organisations ont en effet proposé d'organiser «une journée d'actions et de manifestations le 17 juin » sur la question des retraites mais aussi et «surtout sur la question du temps de travail», dixit la CFDT alors que les autres syndicats entendaient surtout prolonger la mobilisation sur les retraites, notamment contre l’allongement de la durée de cotisation à 41 ans.

«Nous, nous avons proposé une amplification du 22 mai par un appel à une grève interprofessionnelle», a affirmé pour sa part Bernard Devy (FO). Il explique: «nous ne sommes pas d’accord avec la dérégulation des 35 heures qui n’est autre qu’une conséquence de l’article 17 de ladite position commune, mais cela échappe au problème des retraites qui est le dossier le plus important et il faut aller plus loin pour bloquer les compteurs» à 40 ans. Qui plus est, FO n’avait pas de mandat pour discuter d’une éventuelle riposte au projet du gouvernement sur les 35 heures. La CGC est restée également très distante vis-à-vis de la proposition du couple CGT-CFDT. Quant à la CFTC, elle avait décidé dans l’après-midi de ne pas participer à cette intersyndicale, affirmant que pour « sauver les 35 heures », la seule manière était que la CGT et la CFDT retirent leur signature de la « position commune» sur la représentativité. Un point de vue similaire avait été développé jeudi matin par le leader de FO, Jean-Claude Mailly. «Quand vous ne voulez pas qu'une porte s'ouvre, il ne faut pas l'entrouvrir» avait-il déclaré sur France Inter, évoquant une brèche dans laquelle le gouvernement s’est engouffré. «Ils (CGT et CFDT) peuvent retirer leurs signatures, ça règlera le problème. A eux de prendre leurs responsabilités», avait-il encore ajouté.

Dans cette situation compliquée par l’attitude de la CGT CFDT, il faut attendre lundi pour connaître les suites que FO, la CGC et la CFTC donneront à la mobilisation du 22 mai.

                                                      Paris, le 30/05/2008
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