Prime transport : rétropédalage du gouvernement

Publié le par FOCAF13


Annoncée, annulée et finalement votée, cette aide connaît un parcours parlementaire chaotique. Qui n'est peut-être pas terminé.








Acte I : mis sous pression au coeur de l'été par l'envol du prix des carburants, le gouvernement avait promis une aide au transport domicile-travail. Elle étend à tout le territoire la prise en charge obligatoire de 50 % des titres de transports collectifs, en vigueur en Ile-de-France, et prévoit la prise en charge facultative, dans la limite de 200 € par an, de l'emploi d'un véhicule personnel.

 • Acte II : le président de la commission des Affaires sociales, Pierre Méhaignerie (UMP), et le rapporteur du projet de budget 2009 de la Sécu, Yves Bur (UMP), font adopter, en commission, la suppression de la prime, « qui ne se justifie pas ou plus, en particulier parce qu'il vaut mieux privilégier le salaire direct et que les prix du pétrole ont baissé ». Tollé à gauche et chez les syndicats.

 • Acte III : rappel à l'ordre adressé à Pierre Méhaignerie et à la majorité parlementaire par le Premier ministre, François Fillon. Confirmé par Éric Woerth, le ministre du Budget : « Le salarié doit pouvoir se rendre, pour un coût acceptable, à son travail. »

 • Acte IV : appuyé par les Verts et la gauche, le texte est adopté, jeudi, en séance publique nocturne. À l'initiative du député UMP de Paris Philippe Goujon, le dispositif est même étendu aux abonnements vélo (Vélib à Paris). « Le vélo est amené à se développer en tant que mode de transport domicile-travail », plaide-t-il. Il reviendra au Sénat, de plus en plus imprévisible, d'écrire l'acte 5. En y ajoutant la voiture électrique ?

Critiques : le patronat juge que ce n'est pas le moment de charger la barque des entreprises. À l'inverse, les syndicats veulent plus : la CGT réclame la prise en charge totale du coût du transport ; Force Ouvrière demande que l'on rende obligatoire l'aide pour les trajets en voiture.

Questions : outre que l'on se demande ce que vient faire une prime transport dans un budget Sécu, on peut s'interroger sur le calibrage de la mesure. Comment aider individuellement des salariés qui pratiquent le covoiturage ? Comment garantir qu'une prime de 200 € (trois ou quatre pleins) votée quand le carburant baisse ne devra pas être majorée le jour où le baril s'envolera à nouveau ? Quelle équité, lorsque liberté est laissée à l'employeur d'aider ou non le salarié automobiliste ?

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